Je cherche un mécène. Please RT.

Publié le Catégorisé dans Un peu de recul 7 commentaires sur Je cherche un mécène. Please RT.

Attention : sache qu’à la fin de ce billet, je vais te poser une question chiante, à laquelle j’espère que tu répondras le plus sincèrement possible. Tu ne pourras pas dire que je ne t’ai pas prévenu. Lis la suite à tes risques et périls.

J’ai eu mes 1/4 d’heure de célébrité warholienne en tant que dessinateur ou musicien dans ma vie.

Mais pas en quantité suffisante pour la gagner (ma vie). J’ai donc dû prendre ma carte de geek (que j’ai récemment rendue, du moins symboliquement).

Par ailleurs, et comme j’ai eu l’occasion de le dire ici ou sur Twitter ou sur Babordages, à l’ère d’Internet, je donne tous mes contenus gratuitement, trop content d’avoir un public qui dépasse le cercle restreint de mes proches, comme à la préhistoire, que j’ai connue étant donné mon grand âge ma maturité.

D’autant plus que la valeur ajoutée des éditeurs et autres maisons de disque à l’ère d’Internet est plus que théorique (restons polis).

Mes contenus ne sont payants que pour une utilisation commerciale au sens large. Si tu as un budget ou si tu vas te faire du fric sur ton projet (ou du moins s’il est payant), tu m’en donnes un bout. Si tu n’as pas de fric, que tu fais ton projet pour le plaisir ou pour une bonne cause, c’est gratos.

Certains, comme @jcfrog estiment que pour changer le monde, il faut tout donner, y compris pour une utilisation commerciale. Ça se discute, ne serait-ce que parce qu’en l’état actuel du monde, je ne voudrais pas qu’une organisation commerciale ou autre que je réprouve (marchands d’armes ou Facebook ou TF1 ou autres conneries inutiles ou nuisibles) utilise mes trucs. On a sa fierté. En tout cas, il faudrait que les sus-cités me payent une fortune pour me faire renoncer à mes principes, à supposer qu’ils y parviennent.

Mais n’empêche, comme je le gribouillais dans ce tweet, ça craint.

Même si j’ai pu prendre à l’occasion mon pied créatif dans la sphère professionnelle, le travail reste une obligation, une contrainte, qui plus est pour entretenir à contrecœur un système qui me débecte.

En outre, il fut un temps où je créais des trucs ambitieux. Qui demandaient du temps. Je ne fais plus que des dessins à la va-vite, et des chansons à 3 ou 4 accords, souvent écrites, enregistrées et (mal) mixées en un week-end.

Une dernière embardée avant d’arriver au cœur de mon propos et à la question que je souhaite te poser.

Quand je faisais mon blog BD Geeks In Love (au rythme d’un épisode par semaine et qui connut un certain succès), je ne comptais plus le nombre de gens qui me disaient que je devrais en faire un livre ou un euh-livre. Quand le logiciel iBooks Author est sorti, j’ai plié sous les injonctions et j’ai créé des iBooks pour voir. J’ai décidé de découper le blog par années, d’ajouter des inédits, des croquis et autres bonus, d’offrir le premier volume, et de vendre les suivants.

Le bide.

Le volume gratuit a bien marché, mais les volumes payants n’ont pas trouvé preneur (quelques dizaines ? Me souviens plus). J’ai baissé le prix. Pareil. Je devrais tous les passer en gratuit et publier les années restantes, mais j’ai la flemme, et mon temps libre étant compté, ce n’est pas une priorité.

Donc comment faire pour gagner sa vie en tant qu’artiste à l’ère du tout gratuit, sans partir en tournée pour jouer dans des rades ou des stades tous les soirs (je n’ai plus vingt ans !), et sans vendre son âme en peignant des portraits d’Elvis ou Johnny sur velours noir ou composer des jingles publicitaires (car pour ne rien arranger, je hais la pub), et sachant que je ne serai jamais une superstar ?

J’adore l’idée de Flattr, et je l’ai intégré à tous mes sites, mais force est de constater que ce service reste confidentiel (mais merci à tous mes flagorneurs. Je suis flatté !).

J’en arrive donc enfin à ma question.

J’ai récemment découvert l’existence de sites de mécénat dont l’objectif est de rétribuer des gens dans ma situation (à travers la chaîne YouTube du duo pop Pomplamoose (que j’aime bien) ou encore de ce récent billet de Ploum). Les sites de crowdfunding traditionnels sont adaptés à des gros projets, comme la réalisation d’un disque en studio ou d’un long métrage (ou d’un hamac pour smartphone). Les sites de mécénat comme Patreon en sont largement inspirés, mais il s’agit de s’engager à payer une somme plus ou moins modique (le choix revient au mécène) à intervalles réguliers OU à la sortie de chaque création (dessin, chanson, que sais-je), sans dépasser un plafond que se fixe le mécène.

Comme sur les sites de crowdfunding plus connus, plus tu donnes, plus tu reçois, etc. (« et pour 100 000 Euros, tu as le droit à un rein dédicacé », tu vois le principe).

Alors, en théorie et franchement, toi qui aimes mes trucs (et même toi qui ne les aime pas mais qui veut aider les artistes parce que tu es quelqu’un de bien et que tu as un peu de fric en rab), toi qui les télécharges gratuitement, ce que tu pourrais continuer à faire, tu crois que tu prendrais le temps de t’inscrire sur un site comme Patreon, (sachant que tu n’as jamais été foutu de t’inscrire sur Flattr ?) et de cracher un peu de thune afin de soutenir mon art, et d’obtenir des bonus hypothétiques, les dents blanches, le poil soyeux et te sentir bien dans ta peau ?

Je ne t’en voudrais pas si tu me répondais par la négative. Déjà, si tu n’as pas de fric en rab, je ne voudrais pas t’ôter le fast-food de la bouche. Et puis la vie est compliquée, on a des priorités à gérer.

La question est chiante (je t’avais prévenu), mais à ce stade, ton avis m’intéresse, tout simplement. Oui, je sais, je pourrais essayer pour voir, et je le ferai peut-être, même si tu ne me réponds pas, mais mon temps libre étant compté…

7 commentaires

  1. Je pense que nous sommes à une époque où tout est à reconstruire, je pense que ta démarche fait partie de ce mouvement. Alors ma réponse : je vais m’intéresser mieux à ce que tu fais et m’engager en fonction de ça ! 🙂

  2. dans l esprit j adhère….but… maintenant et surtout maintenant la forme est bankable…. le fond est trop lent à vendre ….quoique… haut les coeurs!!
    mon blé est dèjà fauché
    intermittent/real doc /musicien/chomeur…tout pour ne donner aucun conseil.
    still alive et le bambou

  3. L’artiste a besoin de temps, pas du temps volé et culpabilisant mais du temps solide et libérateur. Patreon lui permet d’avoir du temps de cerveau disponible pour créer c’est une excellente solution. Ceux qui téléchargent actuellement gratos auront meilleure conscience et même s’ils n’ont pas été foutu de s’inscrire sur Flattr, ils pourront le faire sur Patreon, c’est très simple. Réunissant les deux caractéristiques, ma réponse est oui, « je suis d’accord pour cracher un peu de thune pour soutenir ton art ». Mais beurk, garde ton rein.

  4. Merci pour vos commentaires.
    En fait, je n’assume pas du tout l’idée de demander l’aumône ou un soutien financier pour vivre de mon ââaart.
    En revanche, j’aime bien l’idée de mécénat dans l’absolu. Je me suis toujours dit que (si je jouais et) si je gagnais au loto, je financerais des artistes (et la révolution, bien sûr).
    Et donc, me suis-je dit, je voulais savoir si vous faisiez cette distinction aumône/mécénat et si vous partagiez ou non mon intérêt pour cette démarche.
    Certains d’entre vous ici et sur Twitter ont lu que je vous demandais si vous me soutiendriez. Et effectivement, c’est une interprétation évidente de ce que j’ai écrit.
    #RetourDuRefoulé #ItsComplicated

  5. J’aime beaucoup l’idée du financement directement par les utilisateurs en tant que consommateur de contenu mais aussi en tant que futur producteur de service, je trouve l’idée plus saine, ou en tout cas beaucoup plus que les financements actuels/classiques des artistes à travers des intermédiaires qui au final sucre la majorité des revenus…
    Dans le même genre que « Patreon » y’a « Tipeee » (https://www.tipeee.com/) que j’utilise déjà pour aider quelques producteurs de contenu que j’aime bien (Usul et DanyCaligula)

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